Fraises et tomates : le prix ne fait pas le goût !

C'est ce que révèlent les dégustations de la CLCV.

degustation St_Omer_2014

Au mois de juin, la CLCV a proposé à plus de 1000 consommateurs de noter le goût des fraises et des tomates vendues en grande distribution. A cet effet, notre réseau a organisé une cinquantaine de dégustations un peu partout en France avec des panels de consommateurs invités à remplir de courts questionnaires sur le goût de ces deux produits.

Les tomates testées étaient presque toutes d’origine française tandis qu’un tiers des fraises était importé, principalement d’Espagne.

Les résultats globaux sont décevants, en particulier pour les tomates qui ne sont appréciées que par 27% des consommateurs. Pour les fraises, les résultats sont meilleurs avec 43% des participants satisfaits du goût mais là aussi, les marges de progrès sont importantes puisque 39% considèrent que les fraises testées n’étaient « ni bonnes, ni mauvaises ».

D’après les relevés de nos enquêteurs, le prix moyen des fraises s’établit à 8,6 euros/kg mais peut varier de 2,4 à 16,8 euros. On pourrait penser qu’un tel écart se justifie par une différence significative en termes de goût. D’après nos dégustations réalisées à l’aveugle, il n’en est rien et nous constatons que les fraises les moins chères ne sont pas plus mal notées que les fraises les plus chères. La fameuse gariguette ne fait d’ailleurs pas mieux que la moyenne des fraises.

Pour les tomates, les écarts de prix ne sont pas négligeables : la fourchette varie de 1 à 7 euros le kg avec une moyenne à 2.4 euros/kg. Là encore, nos dégustations montrent qu’entre les tomates « rondes » moins chères, les tomates « en grappes » et les « côtelées » plus coûteuses, les consommateurs ne font pratiquement pas de différence.

Nos quatre enquêtes précédentes sur les fruits d’été (pêches, abricots, melons) avaient montré que le choix de ces fruits s’apparentait à une vraie loterie et que la qualité des produits en rayons était largement aléatoire. Notre nouvelle étude met en évidence que choisir les catégories de tomates ou de fraises les plus chères ne permet pas d’avoir des produits plus savoureux.

Nous proposons la mise en place de cahiers des charges portant sur la production, la collecte et la distribution des fruits et légumes qui, accompagnés d’un marquage en rayon, pourraient permettre aux consommateurs de repérer les produits offrant un réel plus gustatif.

Rappelons enfin que nos comparaisons entre produits n’ont porté que sur le goût mais que les écarts de prix peuvent s’expliquer par de nombreux facteurs, en particulier des différences dans les conditions de production (coût de la main d’œuvre, pratiques de traitement et de fertilisation des parcelles, etc…).

En savoir plus :  notre étude sur le prix et la qualité des fraises et des tomates en 2014.

(Publié le 30/07/2014)