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Notre avis sur quelques alicaments
 
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Les promesses santé sont si fortes sur certains produits que l’on peut s’interroger : s’agit-il encore de simples aliments ou déjà de médicaments ?

De cette ambiguïté est né le terme « alicament » qui n’a aucune définition officielle ou juridique…mais décrit bien la perplexité de nombreux consommateurs face à ces aliments pas très bien identifiés !

Difficile quand on fait ses courses de passer à côté des omégas 3. On trouve aujourd’hui des margarines, des huiles, des produits laitiers, des biscuits, des œufs et même des jus de fruits enrichis aux omégas trois.

  • Pourquoi une telle mode ?

Les omégas trois sont des acides gras qualifiés d’« essentiels » car notre organisme en a besoin mais n’est pas capable de les produire. Nous devons donc les trouver dans notre alimentation. Or, les scientifiques s’accordent à dire qu’en général nos apports sont insuffisants.

A l’inverse, une autre famille d’acides gras essentiels, les omégas 6, sont souvent présents en trop grande quantité dans nos assiettes. Ce déséquilibre contribuerait à une augmentation du risque cardiovasculaire.

Pour en savoir plus : oméga 3 et 6

  • Les aliments enrichis en oméga 3 sont-ils incontournables ?

Nous ne consommons pas assez d’oméga 3 ? Qu’à cela ne tienne, les professionnels de l’agroalimentaire sont sur les rangs pour en ajouter un peu partout dans notre alimentation. Mais est-ce bien utile ?

En fait, l'augmentation des apports en oméga 3, passe avant tout par une alimentation variée et notamment par :

  • une consommation modérée de viandes et de produits laitiers gras (beurre et fromages gras)
  • un choix judicieux de matières grasses pour la cuisine : pour la cuisson, les huiles végétales, en particulier l'huile d'olive, sont préférables au beurre. Pour l’assaisonnement,  les huiles de colza et de soja sont les plus intéressantes
  • une consommation de poisson au moins deux fois par semaine. Les poissons gras, comme le saumon, le thon, le maquereau, les anchois et les sardines, sont de bonnes sources naturelles d’oméga 3

Enfin, n’oublions pas que la prévention des maladies cardiovasculaires repose sur un ensemble de comportements et non sur la consommation de quelques « alicaments ». Une activité physique régulière et une alimentation variée sont particulièrement importantes.

  • Les aliments enrichis en oméga 3 sont chers

Nos relevés de mars 2008 montrent des surcoûts élevés pour ces produits :

Produit "classique" Produit "Santé" Surcoût
Carrefour tartine légère demi-sel :
3.58 euros/kg
Margarine Carrefour aux oméga trois :
5.56 euros/kg
+55 %
Lait lactel demi écrémé UHT :
1.7 euros/litre
Lait Primevère aux oméga 3 :
2.58 euros/litre
+52 %
Margarine St Hubert 41 à 38 % de MG : 6.76 euros/kg St Hubert 41 aux Oméga 3 :
7.4 euros/kg
+10 %
     

De nombreuses marques, Fruit d’or, Saint Hubert et Danacol, proposent des yaourts ou des margarines censés réduire le taux de mauvais cholestérol.

La vente de ces produits « santé » aux côtés des aliments les plus courants pourrait laisser croire que nous avons tous besoin de « lutter contre le cholestérol », ce qui est inexact. Présent dans le sang en quantité normale, le cholestérol est utile, c’est son excès qui est néfaste. Seul un médecin peut diagnostiquer un taux de cholestérol trop élevé et prescrire un traitement adapté.

  • Une efficacité limitée

La réduction du cholestérol passe avant tout par une alimentation diversifiée. Les fruits et légumes, ainsi que les produits céréaliers complets (pain complet, pâtes et riz complet,…), de par leur teneur en fibres, peuvent par exemple contribuer à limiter le taux de cholestérol. L’activité physique joue également un rôle essentiel. Si nécessaire, votre médecin peut également prescrire des médicaments.

Concernant les aliments anticholestérol, il existe aujourd’hui des arguments scientifiques montrant qu’ils peuvent aider à réduire le taux de mauvais cholestérol. Ils contiennent des phytostérols extraits de végétaux qui limitent l’absorption du cholestérol alimentaire au niveau de l’intestin.

Cependant, cette réduction est limitée, de l’ordre de 10 %. En effet, l’essentiel du cholestérol présent dans le sang est produit par notre organisme, celui issu de l’alimentation étant minoritaire.

Par ailleurs, le lien direct entre la consommation de ces produits et une diminution du risque cardio-vasculaire reste à prouver.

  • Des produits chers…

D’après nos relevés de mars 2008, les aliments anticholestérol sont nettement plus chers que les produits standards :

Produit "classique" Produit "santé" Surcoût
Yaourts Danone nature par 4
1.78 euros/kg
Yaourts Danacol par 4
4.78 euros/kg
+170 %
Margarine Fruit d’Or
8.28 euros/kg
Margarine Fruit d’Or Pro Activ
14 euros/kg
+70%
Margarine St Hubert 41, 250 g
6.32 euros/Kg
Margarine Cholegram St Hubert, 250g
9.56 euros/kg
+51 %
     
  • … et à utiliser avec précaution

La consommation de ces produits doit se faire dans le cadre d’un suivi médical. En effet, comme le souligne l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, les effets à long terme d’apports élevés de phytostérols sont encore mal connus.

Par ailleurs, il existe des quantités quotidiennes à ne pas dépasser qui doivent être indiquées sur les emballages. Si vous consommez plusieurs produits « anticholestérol », vous devez en tenir compte pour ne pas dépasser les doses maximales.

Enfin, ces « alicaments » ne doivent pas être consommés par les enfants où les femmes enceintes. En effet, ils peuvent réduire l’absorption de provitamine A dont les besoins sont plus élevés pendant la grossesse et chez les enfants. Si vous-mêmes ou vos proches utilisez ces produits, veillez à ce que seuls ceux qui en ont réellement besoin les consomment.

Certains aliments courants contiennent des bactéries vivantes, mais tout à fait inoffensives, que l’on ajoute au cours de leur fabrication. C’est le cas par exemple des fromages et des yaourts.

L’idée que ces microorganismes pourraient être bénéfiques pour notre santé n’est pas  nouvelle. On sait par exemple que les ferments du yaourt facilitent la digestion du sucre naturel du lait, le lactose. C’est un avantage indéniable pour les personnes intolérantes au lactose.

Dénicher de nouvelles bactéries « santé », les fameux probiotiques, est devenu un enjeu stratégique pour les firmes de l’agroalimentaire. Les laitages ne sont plus les seuls concernés: il existe des compléments alimentaires aux probiotiques et l’on annonce des barres chocolatées.

  • Un peu de science et beaucoup de marketing

Aujourd’hui, pour l’essentiel, on trouve deux types de probiotiques :

    • Les produits laitiers au bifidus destinés à améliorer le transit intestinal (Activia de Danone, les yaourts B’A, Fromage blanc au bifidus de Pâturage)

      « Pour remettre de l’ordre à l’intérieur », « Contribue au bon équilibre intestinal» … tels sont les slogans que l’on peut trouver sur ces produits. Derrière ces promesses très vagues, les données scientifiques sont encore minces.

      Des études ont certes montré une accélération du transit liée à la consommation du bifidus d’Activia. Mais la dose nécessaire est de deux à trois yaourts par jour, ce qui ne correspond pas nécessairement aux habitudes des consommateurs. Par ailleurs, ces résultats ne sont valables  que pour certaines souches de bifidus. Or, tous les fabricants n’utilisent pas les mêmes « variétés » de bifidus. Quant aux études sur l’amélioration du confort digestif et sur les symptômes liés à la constipation, elles demeurent parcellaires.

    • Actimel, censé renforcer les défenses naturelles

      Pour ce produit, Danone a obtenu en 2004 un avis favorable de l’Afssa pour l’allégation « aide à renforcer les défenses naturelles ».

      Mais là encore, le décalage entre le dossier scientifique et la communication publicitaire est flagrant. Les résultats scientifiques ont été établis pour des catégories de population et dans des contextes bien précis : sportifs, seniors de plus de 60 ans, nourrissons. Pourtant les publicités proclament qu’« à chaque âge, Actimel nous aide à être plus résistant ». Et surtout, comme le souligne l’Afssa, les doses utilisées dans les études sont 2 à 5 fois supérieures à celles indiquées sur le produit 
  • Attention aux prix !

Si les bénéfices des probiotiques vantés par les industriels sont discutables, en revanche leur coût élevé ne fait aucun doute : 

Produit Classique Produit santé Surcoût
Yaourts Danone nature par 16
1.43 euros/kg
Actimel par 10
4.59 euros/kg
+220 %
Yaourts Danone nature par 16
1.43 euros/kg
Activia par 12
2.53 euros/kg
+77%
Yaourts Auchan Nature par 16
1.03 euros/kg
Auchan au Bifidus par 12
1.57 euros/kg
+52 %