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11/02/2011

Mediator : la CLCV saisit le Tribunal de Nanterre pour tromperie

La CLCV vient d’assigner les laboratoires Servier devant le Tribunal de Grande Instance de Nanterre pour tromperie aggravée.

Dans l’affaire du Mediator, la CLCV vient d’assigner les laboratoires Servier devant le Tribunal de Grande Instance de Nanterre pour tromperie aggravée.

Le rapport de l’IGAS sur le Mediator publié le 15 janvier revient de manière détaillée sur la façon dont les laboratoires Servier se sont employés pendant des décennies[1] à faire passer ce coupe-faim pour un médicament adapté au traitement du diabète et des hypertriglycéridémies.

Cette enquête officielle établit que les laboratoires Servier ont cherché à masquer « les liens de parenté » existant entre le Mediator et d’autres molécules coupe-faim dont les effets secondaires étaient déjà bien connus. Il existe ainsi une étroite similitude entre le Mediator et l’Isoméride un médicament « anti-obésité » de sinistre mémoire. Rappelons que l’Isoméride a été retiré du marché en Europe et en Amérique du Nord dans les années 1990 en raison de nombreux cas d’hypertension artérielle pulmonaire. Aux  USA, l’Isoméride avait d’ailleurs donné lieu à l’une des plus importantes « Class actions » débouchant sur le versement de sommes considérables aux victimes.

S’agissant du Mediator, la stratégie de l’écran de fumée des laboratoires  Servier, aux conséquences désastreuses, constitue une atteinte particulièrement grave à la loyauté de l’information due aux consommateurs. C’est donc au nom de la défense des intérêts de l’ensemble des consommateurs que notre association a décidé d’agir sur le plan pénal contre le fabricant.

Par ailleurs, s’il est clair que les laboratoires Servier ont délibérément cherché à tromper les agences sanitaires, on ne peut qu’être abasourdi de constater que cette manipulation, somme toute grossière, ait fonctionné. Au-delà du fabricant, c’est l’ensemble du dispositif d’évaluation, de délivrance et de vigilance du médicament qui a failli à ses missions essentielles et c’est donc ce dispositif qu’il convient de refonder. 

Outre son action sur le fond, la CLCV se mobilise aux côtés des patients directement concernés. A ce jour, une centaine de personnes traitées au Mediator se sont tournées vers la CLCV pour se renseigner sur les démarches médicales ou judiciaires à suivre. Nous proposerons à celles qui le souhaitent d’agir en justice dans le cadre d’une procédure civile pour obtenir réparation du préjudice subi.

Publié le 11/02/2011

 


[1] Le Mediator a été autorisé en 1974 et retiré du marché en 2009.

 

 

Dernière modification le 14/03/2012