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10/11/2015

Abattoirs : non aux pratiques intolérables !

La CLCV demande plus de contrôles officiels et de transparence.

abattoirRécemment, une vidéo montrant les conditions indignes dans lesquelles étaient abattus des animaux dans le Gard a remis sur le devant de la scène le problème du bien-être des animaux dans les abattoirs. Extrêmement choquantes pour le consommateur, ces images dénonçaient des manquements aux normes d’abattage des animaux qui sont de nature à nous interpeller. Pour la CLCV, il est intolérable que des pratiques telles que celles qui ont eu lieu à Alès puissent perdurer.

À l’heure où l’on insiste sur la nécessité d’une meilleure rentabilité économique des filières de la viande, nous voulons rappeler que cela ne doit pas se traduire par une industrialisation de la violence faite aux animaux, qui rappelons le, sont des êtres doués de sensibilité pour le Code civil. Nous réaffirmons donc notre attachement au respect de la réglementation européenne[1]. Celle-ci prévoit que toutes les mesures nécessaires à l’atténuation des souffrances des animaux destinés à finir dans nos assiettes soient prises. Et ce afin de garantir aussi bien la protection des animaux que la qualité sanitaire et organoleptique de la viande.

Nous nous interrogeons cependant sur la réelle marge de manœuvre dans certains établissements, notamment ceux en difficulté financière, du responsable du bien-être animal censé veiller à l’application du règlement européen. Sous l’autorité directe de l’exploitant, est-il toujours en mesure d’exiger du personnel de modifier ses pratiques ?

Seul un dispositif public indépendant de contrôle des abattoirs est à même de garantir aux consommateurs une sécurité sanitaire maximale. Or, à plusieurs reprises, la Cour des comptes et l’Office alimentaire et vétérinaire (OAV) ont mis en évidence, dans notre pays, de graves lacunes dans l’inspection vétérinaire en abattoir : « Alors que les textes européens [...] définissent précisément les tâches à effectuer dans le cadre des contrôles officiels, la France ne parvient pas à se conformer à ces exigences, notamment dans les abattoirs de volaille ». De plus, en 2014, selon le ministère de l’agriculture, 104 des 263 abattoirs recensés en France ont reçus des avertissements, 60 des mises en demeure et 2 des suspensions d’agrément. Une situation pour le moins inquiétante pour les consommateurs. Nous souhaitons donc que les inspections soient renforcées et que celles-ci se fassent de manière inopinée de manière à maintenir une pression de contrôle officiel assurant la fiabilité de notre chaîne alimentaire.

Par ailleurs, la CLCV demande davantage de transparence sur ce que fait l’État dans ce domaine. De la même manière que la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt prévoit d’afficher les résultats des contrôles effectués dans les restaurants, nous demandons que les résultats des inspections effectuées dans les abattoirs soient communiqués aux associations de consommateurs et au public et les manquements sanctionnés.

Le règlement CE N° 1099/2009 sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort prévoit que :

    • Les locaux, les installations et les équipements des abattoirs sont conçus, entretenus et utilisés en vue d’épargner aux animaux toute excitation, douleur ou souffrance évitables.
    • Les animaux ne sont mis à mort qu’après étourdissement. Les abattoirs doivent mettre en place des procédures pour vérifier que les matériels et les méthodes d’étourdissement fonctionnent. Toutefois, en cas d’abattage rituel, le texte européen souligne que le principe d’étourdissement peut ne pas être appliqué.
    • Le personnel qui s’occupe des animaux dans le cadre de leur mise à mort possède un certificat de compétence pour les aspects de leurs tâches liés au bien-être des animaux. Il est obtenu suite à une formation délivrée par un formateur habilité par le ministère de l’agriculture et à la réussite d’une évaluation.
    • L’abattoir désigne un responsable du bien-être des animaux, qui est garant de la bonne application des mesures relatives au bien-être des animaux.

 

 Publié le 10/11/2015



[1] Règlement CE 1099/2009, entré en vigueur le 1er janvier 2013
Dernière modification le 09/11/2015