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30/11/2009

Cantines : les élèves restent sur leur faim

Depuis quelques années, l’amélioration de la restauration scolaire est clairement affichée comme une priorité des politiques publiques de l’alimentation.

La CLCV publie une enquête menée auprès de 1400 élèves et de 255 parents afin de cerner leurs avis et leurs attentes. La qualité gustative, le bruit dans le restaurant scolaire et le temps consacré aux repas sont quelques uns des principaux aspects à améliorer.

La cantine n'est pas un choix mais une solution par défaut

C’est avant tout parce qu’ils n’ont pas le choix (pour 67.2 % d’entre eux) que les élèves du secondaire  vont à la cantine. Toutefois, les collégiens et lycéens reconnaissent à la cantine un côté pratique (91.1 %) et convivial (75. 7%).

 

Lorsqu’ils ne déjeunent pas à la cantine, les collégiens et les lycéens mangent chez eux en famille (36.1 %) ou optent pour un repas type « fast-food, kebab ou pizza » (24.6 %).

Interrogés sur leurs préférences pour différents types de repas, les sondés privilégient nettement le repas pris à la maison en famille, et ce quelque soit leur âge. Ce résultat vient contredire l’idée selon laquelle le snacking et le grignotage auraient relégué le repas au rang de pratique démodé et archaïque.  Pour les collégiens et les lycéens, le repas « fast-food, kebab ou pizza » arrive en seconde position tandis que le déjeuner à la cantine paraît très dévalorisé.

Le repas pris seul devant la télé ou l’ordinateur est loin de recueillir les préférences de jeunes qui semblent attachés à la dimension conviviale du repas.

 

Dans le secondaire, la cantine n'a pas la cote

Alors que 62.5% des élèves du primaire considèrent que la cantine est un endroit agréable, seuls 34.4 % des collégiens et lycéens sont de cet avis. L’appréciation globale portée sur la qualité gustative des repas suit une tendance comparable : 70 % des élèves du primaire considèrent que les repas à la cantine sont bons mais ils ne sont que 52 % dans ce cas au niveau du secondaire.

 


Dans le secondaire, plus d’un convive sur deux (52.5 %) déclare avoir encore faim en sortant du restaurant scolaire. Au niveau du primaire, ce pourcentage est de 28.4 %.

 



 

Ces résultats montrent que les gestionnaires de la restauration scolaire et les prestataires de services ont d'importants progrès à réaliser pour satisfaire les convives.

 

 

Des repas trop vite expédiés

duree repas

Dans le secondaire, une nette majorité d’élèves disent déjeuner en moins de vingt minutes, durée minimale généralement recommandée pour un repas.


Notre enquête indique également que 20 % des collégiens et lycéens passeraient plus de temps dans les files d’attente qu’à table.

 

 

Le bruit : un problème majeur

Les avis exprimés sur la qualité du repas sont liés à la perception plus globale du restaurant scolaire.

Ainsi, les sondés qui considèrent que les plats principaux sont bons ont généralement un avis favorable sur le cadre du restaurant scolaire et sur sa propreté.

Ces résultats invitent à envisager la qualité comme un tout. Si l'on veut améliorer la perception des convives, il convient de travailler non seulement sur le contenu des assiettes mais aussi sur le cadre du restaurant.

Le bruit est manifestement le premier point noir : 90 % des élèves du primaire considèrent qu’il y a du bruit à la cantine et plus de 70 % des élèves du second degré sont du même avis.

Le menu préféré : quiche ou pizza, frites et pâtisserie

En primaire, comme dans le secondaire, les élèves, lorsqu'ils ont le choix se tournent vers des aliments dont la consommation devrait rester modérée.

Ainsi, le menu préféré des élèves est le suivant :

- Entrée : quiche ou pizza

- Accompagnement du plat : frites

- Dessert : pâtisserie

Les légumes en accompagnement du plat prinicpal sont très mal classés, en revanche les fruits en dessert semblent un peu plus appréciés, tant par les élèves du primaire que du secondaire.

Les améliorations attendues par les élèves du secondaire

Diverses propositions d'amélioration ont été testées auprès des élèves du secondaire. Les principales attentes concernent la variété, la qualité de la nourriture et l’espace disponible dans le restaurant. Seuls 7.3% des sondés considèrent qu’aucune amélioration n’est nécessaire.



Notons que seul un peu plus d'un tiers des sondés sont actuellement consultés par l'administration de leur établissement sur les améliorations à apporter au restaurant scolaire.

Parmi les élèves qui ne sont pas consultés actuellement, une très large majorié (83.7 %) considèrent que cela serait utile.



Nos propositions

La CLCV considère que d’importants efforts doivent être mis en œuvre pour améliorer la qualité de la restauration scolaire et la satisfaction des convives. 

 

  • Il est important d'agir à la fois sur la qualité des repas et sur le cadre du restaurant scolaire. En effet, notre enquête montre que les avis exprimés sur les repas sont liés à la perception globale du restaurant.

 

 

 

  • Dans cette optique,  la diffusion et l’adoption de la norme « Service de la restauration scolaire » devraient être encouragées par les pouvoirs publics . Ce document, élaboré en 2005 par l'Afnor, décrit en détail les mesures à prendre pour garantir un service de qualité. La question du bruit, qui semble être une problématique majeure, est notamment abordée. Malheureusement, ce document reste aujourd'hui inconnu d’une très large majorité d’établissements.

 

 

 

  • Une attention particulière devrait être portée aux repas livrés depuis des cuisines centrales, moins bien notés sur le plan gustatif que ceux préparés sur place. Il nous paraît donc important de travailler sur ce point avec les professionnels concernés.

 

 

 

  • Afin d’améliorer la qualité nutritionnelle des menus proposés, nous soutenons l’idée d’une réglementation définissant les fréquences et les quantités des différents aliments proposés.

 

Téléchargez la synthèse en pdf.

Dernière modification le 08/03/2012