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mer.
08
sept. 10

Un producteur de fruits témoigne ...

Suite à la publication de notre étude sur la qualité des fruits d’été, un producteur réagit.

« Bonjour,

Après la publication de votre étude sur la qualité des fruits d’été, je souhaite, en tant que producteur, réagir et apporter quelques précisions.

Le fait que les consommateurs soient aussi peu satisfaits de la qualité des pêches et des abricots s’explique par les pratiques qui ont cours notamment chez les agriculteurs et les expéditeurs.

S’agissant des pêches par exemple, il faut savoir qu’elles sont cueillies 3 ou 4 jours avant d’être mûres (il suffit de quelques jours pour changer du tout au tout la maturité des fruits). Cette cueillette très précoce permet d’avoir des fruits qui pourront résister aux étapes suivantes. Ils sont en effet cueillis et transportés dans de grandes caisses que l’on déverse ensuite sur des tapis roulants. Des machines se chargent alors de les trier en fonction de leur calibre. L’emballage est également mécanisé. Il est clair que des fruits mûrs ne sauraient résister à un tel traitement. Seul un calibrage et un emballage à la main et directement sur le verger permettent de travailler avec des fruits quasi-mûrs.

J’ajoute qu’entre le verger et le supermarché, la chaîne logistique est très efficace : il suffit de 48 heures pour amener les fruits dans les rayons. Il est donc a priori possible d’écouler rapidement des fruits cueillis plus mûrs sans qu’ils arrivent en mauvais état dans les rayons. Mais la priorité de la grande distribution est aujourd’hui de disposer de produits (de cailloux) faciles à travailler et pas de satisfaire les papilles des consommateurs !

En ce qui concerne le prix, je suis convaincu sur la base de mon expérience que le surcoût final d’une cueillette plus tardive et manuelle resterait marginal pour le consommateur. Je produis des Kiwis de grande qualité (calibrés et conditionnés à la main) que j’exporte vers la Suisse et le nord de l’Europe. Je les vends 15% plus chers que les fruits « tout venant » ce qui ne représente que 2 ou 3 centimes d’euros de plus par Kiwi.

Bernard Azam »

Commentaires   

# Korakis Arlette 08-09-2010 00:00
Merci de ce témoignage !
Que peuvent faire les consommateurs pour ne plus voir sur les présentoirs en super-marché - et qqfois sur le marché - des "cailloux" au lieu de pêches parfumées et mangeables ?
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# Alice 15-09-2010 00:00
Quelques centimes de plus uniquement ? Mais je suis prête à les payer pour avoir des fruits mûrs !
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# cricri 27-09-2010 00:00
je suis exportateur de légumes espagnols. les produits qui sont exportés depuis le sud de l´espagne arrivent en 48 heures aux centrales d´achats et seulement quelques heures après dans les rayons. le principal probleme est une demande surtout basée sur des produits beaux et solides plutot que sur des produits gustatifs. A celà plusieurs raisons: le consommateur (même averti) achete avec ses yeux et les supermarchés veulent des produits qui tiennent bien dans les rayons, celà est principalement du au fait que les consommateurs aiment choisir eux-meme leurs produits et que les réductions de personnels dans les magasins ne permettent plus d´avoir des professionnels (qui n´existent plus...)pour conseiller et servir les gens. techniquement une tomate produite en espagne, au maroc en france ou en belgique sera tres similaire au niveau gustatif car elle est cultivée en hors sol et d´une même variété . Les articles que l´on peut lire dans la presse dite spécialisée sont souvent et bien involontairemme nt des articles répondant à des critères de guerre commerciale plus qu´à une information objective. Un exemple, chaque année au mois de mai quand commence la production des tomates "europe du centre et du nord" (france, hollande, belgique) on voit ressortir des articles mettant en cause l´utilisation des pesticides en espagne... Ce que l´on ne dit jamais c´est qu´il y a des normes europeennes et qu´elles sont respectées et controlées et que si les production du sud utilisent plus de pesticide (car plus d´insectes )la grande majorité des productions se fait en lutte intégrée (inscectes utiles qui attaquent les nuisibles)et que les productions "du nord" utilisent plus de fongicides car il y a plus de problèmes de moisisures (cause humidité) etc...
Mais pour travailler dans ce secteur depuis plus de 20 ans je peux vous assurer que l´on a moins de risque alimentaire aujourd´hui qu´il y a 20 ans...
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# Fatburner 12-10-2010 00:00
Il y en a assez des grandes surfaces et des fruits et légumes sans saveur !

J'encourage vivement les petits producteurs locaux...

Les fruits et légumes de mon jardin ne suivent pas un "standard" visuel, mais ils sont bons et savoureux !
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