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26/11/2014

Information nutritionnelle : à quand un étiquetage simple ?

L’affichage nutritionnel sur les produits alimentaires souhaité par les consommateurs tarde à se mettre en place. 

Le règlement européen de 2011 sur l’information des consommateurs entre en application en décembre 2014. Il répond à certaines attentes de la CLCV. Mais, pour ce qui est de l’information nutritionnelle, le texte est bien en deçà.

Bien sûr, ce nouveau cadre rend obligatoire l’information nutritionnelle en décembre 2016. Mais elle prendra la forme d’un tableau rempli de chiffres que la très grande majorité des consommateurs n’est pas en capacité de comprendre.

Au supermarcheAffichage volontaire

Le texte européen prévoit cependant que les États membres peuvent proposer, en plus du tableau, un affichage nutritionnel volontaire sous forme d’un graphisme symbole. C’est dans ce cadre que le projet de loi de santé publique, actuellement discuté en France, entend proposer une information nutritionnelle synthétique, simple et compréhensible par tous. Mais sa forme exacte sera fixée par décret après avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation.

À l’occasion des débats, la CLCV va défendre auprès des parlementaires et des ministres en charge du dossier le principe d’un étiquetage nutritionnel en face avant des produits (sous forme d’un codage couleur ou d’une notation par couleurs). Un dispositif qui permet aux consommateurs de comparer facilement la qualité nutritionnelle des produits. Nous soutiendrons aussi le principe d’un format d’étiquetage harmonisé et validé par les experts scientifiques.

Indicateur en face avant

En effet, toutes les enquêtes réalisées par la CLCV ces dernières années ont confirmé que le tableau nutritionnel classique n’est pas réellement compris par les consommateurs. Elles ont aussi montré que ceux-ci sont en faveur de la présence en face avant des emballages d’un indicateur qui permettrait de faire de meilleurs choix alimentaires. Plusieurs études scientifiques aboutissent également à des conclusions similaires et indiquent que les consommateurs comprennent mieux les informations nutritionnelles présentées sous forme d’indicateurs colorés.

Forte de ce constat, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs récemment encouragé l’Europe à promouvoir un étiquetage nutritionnel facile à comprendre par les consommateurs sur la face avant des emballages des produits alimentaires. D’après le comité Europe de l’Organisation, cela pourrait en effet favoriser la reformulation des produits alimentaires et au final contribuer à l’amélioration de la qualité nutritionnelle de l'offre alimentaire.

Processus long et complexe

Pour autant, rien ne prouve que les consommateurs français puissent rapidement disposer d’un étiquetage nutritionnel simple à comprendre sur leurs emballages.

En effet, le processus permettant d’y aboutir risque fort d’être long et complexe, d’autant que le débat est passionné. C’est pourquoi la CLCV souhaite que les travaux de l’Anses commencent au plus vite et qu’un avis soit rendu rapidement. Faute de quoi, des distributeurs ou des marques pourraient être tentés de proposer des systèmes individuels et non concertés, renforçant ainsi la confusion.

D’autre part, les lobbies ne sont pas particulièrement favorables à un étiquetage nutritionnel simple à comprendre. La preuve, plusieurs associations agroalimentaires en Europe ont déposé plainte contre le système volontaire d’étiquetage nutritionnel britannique arguant auprès de la Commission européenne que les « feux tricolores » figurant sur les emballages en Grande-Bretagne entravent la libre circulation des produits alimentaires et stigmatisent certains produits.

Publié le 26/11/204

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Dernière modification le 13/12/2014